Le président américain a annoncé sa participation à l’édition 2026 de ce rendez-vous emblématique de la scène politique et médiatique des États-Unis, mettant ainsi un terme à plusieurs années de boycott.
C’est sans doute l’événement dans l’événement. Donald Trump a confirmé, lundi 2 février, sa présence au prochain dîner annuel de la White House Correspondents’ Association (WHCA), l’organisation qui regroupe les journalistes accrédités auprès de la Maison-Blanche.
« J’ai l’honneur d’accepter leur invitation et je travaillerai à en faire le dîner LE PLUS GRAND, LE PLUS CHAUD et LE PLUS SPECTACULAIRE DE TOUS LES TEMPS ! » a écrit le président sur son réseau social Truth Social, avec l’emphase qu’on lui connaît.
L’annonce a de quoi étonner les observateurs de la scène politique et médiatique américaine. Jusqu’à présent, le locataire du Bureau ovale avait systématiquement boudé ce rendez-vous, aussi bien durant son premier mandat qu’au début de l’actuel.
La raison ? Des relations notoirement tendues avec la presse, loin d’être apaisées aujourd’hui encore. Pour expliquer ce revirement, le président invoque un symbole fort : la célébration du 250ᵉ anniversaire de la fondation des États-Unis.
Un calcul politique ?
Il affirme d’ailleurs que ces « correspondants admettent désormais que je suis vraiment l’un des plus grands présidents de l’histoire de notre pays, le G.O.A.T., selon beaucoup ». Une déclaration qui ne manque pas d’alimenter les interrogations sur ses véritables intentions.
S’agit-il d’un véritable geste d’ouverture envers les médias ou d’une manœuvre stratégique soigneusement orchestrée ? Cette décision intervient en tout cas après une année marquée par plusieurs bras de fer entre l’administration Trump et la presse jugée hostile.
Parmi les faits marquants : le retrait à la WHCA du contrôle du press pool de la Maison-Blanche, ouvrant la porte à des influenceurs pro-Trump ; ou encore, l’interdiction d’accès des reporters au bureau de la porte-parole dans l’aile Ouest.
Plus grave encore, la Maison-Blanche a exclu l’agence Associated Press de certains événements officiels, en représailles à son refus d’adopter la nouvelle appellation du golfe du Mexique décidée par Donald Trump, un geste perçu comme une atteinte claire à la liberté de la presse.
Une tradition séculaire
« Nous sommes heureux que le président ait accepté notre invitation et nous avons hâte de l’accueillir », a déclaré la présidente de la WHCA, Weijia Jiang, correspondante de CBS à la Maison-Blanche, saluant une décision qui remet à l’honneur une vieille coutume présidentielle.
La tradition remonte en effet à Calvin Coolidge, en 1924, premier chef d’État à assister au dîner, inaugurant ainsi une pratique presque centenaire. Créé trois ans plus tôt, le dîner des correspondants de la Maison-Blanche est devenu au fil du temps une véritable institution, bien au-delà d’un simple banquet mondain.
L’événement est réputé pour son ambiance détendue, où l’humour, la dérision et les piques comiques adressées au pouvoir sont à l’honneur, une parenthèse de légèreté dans un univers politique souvent crispé.

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