E-commerce : l’énorme facture écologique des retours produits

12 March 2019, Lower Saxony, Garbsen: Employees of the parcel shipper Amazon sort parcels at the sorting centre in Garbsen. Amazon sorts the parcels in Garbsen by delivery area and then forwards them to parcel shippers. Amazon already operates a logistics centre in Winsen in Lower Saxony. 700 jobs are to be created in Garbsen near Hanover. Photo: Peter Steffen/dpa (Photo by Peter Steffen / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)

Le magazine Envoyé spécial de France 2 s’est plongé à travers son numéro du 10 juin dernier dans l’univers des produits retournés aux vendeurs par les marchands du web. L’opération le plus souvent sans frais, s’avère très préjudiciable pour le climat.

Commander un article sur internet, se faire livrer pour ensuite le retourner à son envoyeur. La pratique n’a rien d’inhabituel. Elle est même encouragée par les enceintes de vente en ligne qui en font fait au fil des années, un argument commercial. Et pour cause, le fait pour le client de pouvoir retourner un produit commandé soit pour cause de défectuosité ou de non-conformité, a quelque chose de rassurant. D’autant que cela se passe la plupart du temps sans qu’il n’ait besoin de payer quoi que ce soit. Toutes les parties y gagnent donc d’une certaine façon, sauf le climat. C’est ce que révèle une enquête du magazine d’investigation Envoyé spécial diffusée sur France 2 le 10 juin dernier.

Pollution extrême

L’émission intitulée fort opportunément “Très chers colis !” s’est glissée dans les trajets effectués par quelques produits retournés avec comme lieux de départ, les adresses des clients. Concrètement, Élise Lucet et son équipe ont fait retourner des articles préalablement commandés sur Amazon tout en dissimulant dans les colis des traceurs GPS. À cet effet, le cas de la trousse à outils retourné par Envoyé spécial est évocateur. Alors que l’adresse retour inscrite sur l’étiquette se situe quelque part à Orléans, le magazine a la surprise de découvrir le produit traversé toute la France pour se retrouver finalement en Slovaquie. C’est là-bas, plus précisément dans la ville de Sered que le leader mondial du e-commerce a installé son entrepôt dédié aux articles retournés par ses clients européens. La trousse à outils a donc dû parcourir 1500 km en camion pour atteindre cette destination avant de s’envoler vers Londres pour le bonheur d’un nouveau client.

La facture écologique de cette pérégrination elle, est non-négligeable. Grâce à l’expertise de Greenly, une entreprise spécialisée dans l’empreinte carbone, Envoyé spécial a ainsi pu découvrir que le voyage terrestre de la trousse à outils équivaut à 500 grammes de gaz à effet de serre émis, celui en avion a généré 3 kilogrammes de Co2. Si l’on applique ces empreintes carbones à l’échelle des 17 millions d’articles annuellement retournés par les Français, le désastre écologique n’est pas loin. Les chiffres pourraient représenter l’équivalent de 2 125 tours de la terre par avion selon les estimations de Greenly qui pointe du doigt le manque de transparence des plateformes de commerce en ligne sur la question.

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