Cinq figures majeures du cinéma et de la musique britannique ont été honorées lors d’une soirée inaugurale marquée par des discours intenses sur la condition féminine dans l’industrie du spectacle.
Le 3 juin 2026, le Chancery Rosewood de Londres a accueilli la première édition britannique du gala Variety Power of Women, franchise annuelle du célèbre magazine américain jusqu’ici réservée à Los Angeles, New York et Nashville.
Présenté en partenariat avec la chaîne Lifetime, l’événement a mis à l’honneur cinq personnalités — Emilia Clarke, Emma Corrin, Cynthia Erivo, Hannah Waddingham et Suki Waterhouse — chacune associée à une cause caritative de son choix.
La soirée, animée par la comédienne Ania Magliano, figure montante de Saturday Night Live UK. Depuis la scène de l’ancien bâtiment de l’ambassade américaine — reconverti en hôtel de luxe et désormais consacré à célébrer les femmes, ironie qu’elle n’a pas manqué de souligner —, elle a étrillé les inégalités persistantes dans le secteur, les réalisateurs prénommés Callum, et une certaine hypocrisie d’une industrie qui « adore le concept de la femme puissante, mais seulement dans sa version agréable ».
Joan Collins et le poids d’une carrière pionnière
Le moment le plus inattendu fut la remise du prix Icône de l’année à Dame Joan Collins, 92 ans, dont la carrière s’étend sur plus de sept décennies. Lisant Variety depuis ses vingt ans à Hollywood, l’actrice britannique a reçu la distinction avec une émotion contenue et une lucidité désarmante.
Interrogée sur le rôle qui l’a le plus émancipée, elle a répondu sans hésiter : Alexis Carrington, la redoutable héroïne de la série Dynasty, qu’elle a incarnée dans les années 1980 devant des dizaines de millions de téléspectateurs.
Dans un discours chargé de mémoire, elle a rappelé les conditions de travail humiliantes qu’elle subissait dans le Hollywood des années 1950 et 1960, où les femmes étaient systématiquement reléguées à l’arrière-plan, sans voix ni reconnaissance.
« On m’appelait “la fille”. Je me souviens avoir dit un jour : j’ai un nom », a‑t‑elle confié, avant d’ajouter qu’à force de persévérance et de réinvention, elle avait fini par produire ses propres films et publier dix-neuf ouvrages.
Le vibrant plaidoyer d’Emilia Clarke contre le traumatisme cérébral
Emilia Clarke, plus connue pour son rôle de Daenerys Targaryen dans Game of Thrones, a livré le discours le plus intime de la soirée. L’actrice a révélé avoir subi deux hémorragies cérébrales à 22 et 24 ans, soit en pleine période des premières saisons de la série qui allait faire d’elle une star planétaire.
Pendant des années, elle a gardé le silence, continuant à tourner dans l’urgence médicale tout en négligeant les séquelles croissantes, allant de la fatigue extrême, aux douleurs chroniques, sans oublier les évanouissements.
Ce parcours l’a conduite à fonder SameYou, une organisation dédiée au soutien psychologique et médical après un traumatisme cérébral. « Un tiers des personnes présentes dans cette salle seront un jour touchées par un traumatisme cérébral. Nos systèmes de santé n’ont pas encore de réponse claire à cette réalité », a‑t‑elle averti.

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