Le réalisateur guadeloupéen fait son grand retour avec WHO, thriller psychologique sorti en salles fin mai avant d’atterrir sur Disney+ en 24 heures.
Depuis le 26 mai, Wil Aime — de son vrai nom Wilhem Oxibel André — fait son retour sur les écrans avec un nouveau projet. Mais celui qui s’est fait connaître grâce à des vidéos courtes sur les réseaux sociaux (Facebook, Vine, etc.) opère cette fois un virage vers le long format.
Sa nouvelle création prend la forme d’un film de plus de deux heures. Intitulé WHO, le monstre se cache dans les détails, il a été projeté pour la première fois le 26 mai au Grand Rex à Paris. L’occasion pour le public de retrouver ce conteur singulier, resté discret ces dernières années.
Six ans après avoir émergé, à partir de 2014, comme l’une des figures les plus originales du storytelling vidéo francophone — à travers des thrillers interactifs, des énigmes disséminées et des récits où chaque détail compte — l’ancien mathématicien s’était en effet éclipsé autour de 2020, laissant son audience dans l’attente.
Un long-métrage produit en totale indépendance
Cette parenthèse lui a permis, selon ses propres mots, de voyager et de mûrir ce projet dont il est à la fois réalisateur, producteur, scénariste et acteur principal. Le synopsis de WHO repose sur une question centrale : dans un monde peuplé de monstres, qui est réellement le monstre ?
Le film met en scène neuf criminels découvrant qu’un traître se cache parmi eux, chacun tentant de l’identifier avant que leur pacte ne s’effondre. L’intrigue se déploie sur une nuit en huis clos, faite de dialogues tendus, de regards scrutés et de silences lourds de sens, dans une veine inspirée à la fois du cinéma américain des années 1990 et du thriller coréen contemporain.
L’ensemble pose le principal défi de cette transition du jeune réalisateur, celui d’adapter une écriture conçue pour des formats courts, maîtrisée sur quelques minutes, à un récit long capable de maintenir tension et cohérence.
Un format ambitieux, mais perfectible
Le pari est-il réussi ? En jonglant entre le scénario, la production et son propre double rôle devant la caméra, Wil Aime semble perdre par moments la distance nécessaire au regard de mise en scène.
Cette limite transparaît à l’écran. Certains choix techniques révèlent un manque de recul, tandis que la direction d’acteurs souffre de cette dispersion. Les performances apparaissent ainsi inégales selon les séquences.
Au final, la question du format a été soulevée par de nombreuses critiques. Plusieurs observateurs estiment en effet que WHO aurait gagné à être conçu comme une minisérie. Un découpage en épisodes aurait permis de mieux structurer le récit, d’approfondir les personnages secondaires et de gérer plus finement le rythme narratif.

Poster un Commentaire