Taylor Swift tente de préserver sa voix contre l’IA

La pop star américaine a déposé des demandes de marque sur sa voix, une protection juridique destinée à encadrer toute utilisation non autorisée de celle‑ci à l’ère des clones générés par l’intelligence artificielle.

Selon plusieurs médias américains, les services de Taylor Swift ont déposé le 24 avril trois demandes de marques auprès des autorités compétentes, afin de protéger juridiquement des éléments aussi précis que son image, sa ressemblance physique et sa voix parlée.

Parmi les éléments visés figurent « Hey, it’s Taylor Swift » et « Hey, it’s Taylor », deux annonces devenues emblématiques de la façon très personnelle dont l’artiste prononce son propre nom.

La troisième demande concerne une image de la star sur scène, capturée lors de sa méga‑tournée mondiale Eras Tour en 2023‑2024, où elle apparaît en justaucorps multicolore aux détails argentés, bottes assorties et guitare rose à sangle noire, selon la description faite par TMZ.

À travers ces marques, la chanteuse s’assure un droit exclusif sur ces formulations vocales et cette silhouette scénique, rendant toute reproduction ou simulation non autorisée potentiellement contestable devant les tribunaux.

Un vide juridique que les célébrités tentent de combler

Cette démarche intervient alors que les outils d’intelligence artificielle générative permettent désormais d’imiter avec une fidélité troublante la voix, le visage et les expressions de n’importe quelle personnalité publique, avec ou sans son accord.

La décision de Swift apparaît ainsi comme une réponse directe à cette nouvelle donne, qui bouleverse les équilibres traditionnels entre créateurs, fans et technologies. L’interprète de « Shake It Off » n’est d’ailleurs pas la première à chercher à se blinder sur le plan juridique face à l’usage abusif de son identité par l’IA.

L’acteur Matthew McConaughey a ouvert une voie similaire en obtenant huit protections de marques déposées pour son image et ses expressions, dont son célèbre « Alright, alright, alright. » Une démarche pionnière, mais qui n’a encore jamais été mise à l’épreuve devant un tribunal.

C’est là toute la complexité du moment. En effet le droit, en l’état, n’offre pas encore de feuille de route parfaitement claire aux célébrités qui souhaitent se défendre contre les contenus générés par l’IA.

Taylor Swift déjà victime de deepfakes

Il existe par ailleurs un décalage entre ce qui est déjà bien protégé et ce qui reste vulnérable. Ainsi, les chansons de Taylor Swift bénéficient d’une protection solide au titre du droit d’auteur, mais tout ce qui entoure son œuvre — visage, gestuelle, voix parlée, présence scénique — demeure plus exposé.

La menace est d’autant plus réelle que sa ressemblance a déjà été utilisée à plusieurs reprises sans son accord. Meta avait intégré son image dans des chatbots celebrity avant de les retirer sous pression.

Plus grave, une vidéo générée par IA montrant la chanteuse en train de soutenir Donald Trump lors de la campagne présidentielle américaine de 2024 avait été relayée par le président républicain lui-même sur les réseaux sociaux, provoquant l’indignation de l’intéressée.

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