Le supergroupe sud-coréen a annoncé qu’il ne présenterait pas son nouvel album à l’examen de la Recording Academy cette année. Cette décision est interprétée comme une forme de protestation contre la création d’une nouvelle catégorie de prix consacrée à la pop asiatique, perçue comme discriminatoire.
Le groupe sud-coréen BTS a annoncé, mercredi 29 juillet 2026, qu’il ne participerait pas à la course aux Grammys 2027. Cette prise de position intervient un mois seulement après l’annonce, par la Recording Academy, de la création d’une nouvelle catégorie baptisée « Asian Pop Performance » pour le prochain cycle de récompenses.
Conditionnée à une « utilisation significative d’une ou plusieurs langues asiatiques », cette distinction est censée, d’après l’académie des Grammys, reconnaître « l’excellence artistique dans les performances de musique pop asiatique originaires de, ou largement reconnues dans, les marchés asiatiques, y compris mais sans s’y limiter la K-pop, la J-pop et la C-pop ».
Ce cadre aurait potentiellement exclu BTS – jamais primé malgré cinq nominations – de cette catégorie, la majorité des paroles de leur plus récent album, Arirang, étant en anglais. « Nous espérons que notre musique puisse être écoutée et aimée pour ce qu’elle est, plutôt que d’être rangée par région ou par langue », ont d’ailleurs écrit les sept membres du groupe.
Un retour en studio réussi
L’annonce survient en pleine année de grand retour pour RM, Jin, Suga, J-Hope, Jimin, V et Jungkook. Après avoir achevé leur service militaire obligatoire, épisode par ailleurs documenté sur Netflix, le groupe a regagné le studio pour livrer son premier album complet depuis six ans.
Le projet s’est immédiatement hissé à la première place du Billboard 200 – le septième disque du groupe à débuter en tête de ce classement –, tandis que le single phare, Swim, a lui aussi pris la première place du Hot 100.
Face à la polémique, le PDG de la Recording Academy, Harvey Mason Jr., a assuré que cette nouvelle récompense ne fermait pas la porte aux artistes asiatiques dans les catégories générales, où ils demeurent pleinement éligibles.
Le vote des Grammys, une mécanique opaque et contestée
L’argument peine toutefois à convaincre. Beaucoup voient au contraire, dans cette initiative, une manière de cantonner la reconnaissance d’un groupe à l’influence mondiale incontestable dans un compartiment distinct, plutôt que de l’exposer aux catégories phares comme Album de l’année ou Artiste de l’année.
La comparaison est ainsi faite avec les Oscars, qui distinguent Meilleur acteur et Meilleure actrice sans pour autant créer de prix fondés sur l’origine géographique ou ethnique des interprètes.
Le retrait de BTS relance une question plus structurelle, celle du fonctionnement du vote aux Grammys. Contrairement à une idée répandue, les lauréats ne sont pas désignés sur la base des ventes ou des chiffres de streaming, mais par un collège d’environ 15 000 votants issus de l’industrie musicale.
Ce mode de scrutin explique en partie pourquoi un groupe au rayonnement mondial largement documenté peut être écarté des grandes catégories au profit d’artistes moins exposés à l’international, faute d’un corps électoral réellement représentatif des scènes musicales hors des États-Unis.

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