
Dans Ana is Lost, Samantha Feitelson imagine une romance lesbienne construite autour d’une héroïne qui a perdu trois années de sa mémoire. Entre reconstruction, sentiments, secrets et quête d’identité, Anaïs va devoir démêler ce qu’on lui raconte de son passé de ce qu’elle ressent réellement.
Que se passerait-il si une partie de votre vie disparaissait soudainement ?
Pas quelques heures ou quelques jours. Trois années entières.
C’est la situation dans laquelle se retrouve Anaïs, l’héroïne d’Ana is Lost, le roman de Samantha Feitelson publié chez Beta Publisher. Après un accident et deux mois de coma, la jeune femme revient dans un quotidien qu’elle devrait connaître par cœur. Pourtant, son appartement lui semble presque étranger et une partie de son existence ne lui appartient plus vraiment.
Trois années de souvenirs se sont volatilisées.
Et avec elles, toutes les certitudes qu’Anaïs pouvait avoir sur elle-même.
Une héroïne étrangère à sa propre vie
L’une des grandes forces d’Ana is Lost réside dans la manière dont Samantha Feitelson utilise l’amnésie.
Il ne s’agit pas simplement d’entretenir le suspense. Cette mémoire disparue permet surtout d’interroger l’identité d’Anaïs.
Autour d’elle, chacun possède une version de son histoire. Sa mère lui raconte celle qu’elle était. Jean, son compagnon, possède ses propres souvenirs de leur couple. Son appartement est rempli d’objets supposés lui appartenir.
Mais Anaïs, elle, ne se souvient de rien.
Elle doit donc reconstruire son passé à partir du récit des autres. Une situation qui devient rapidement inconfortable lorsqu’elle commence à remarquer certains détails qui ne correspondent pas tout à fait à ce qu’elle ressent.
Peut-on encore aimer quelqu’un dont on a oublié l’amour ?
C’est certainement l’une des questions les plus intéressantes soulevées par le roman de Samantha Feitelson.
Anaïs sait qu’elle partage sa vie avec Jean. Elle sait qu’ils ont une histoire commune. Pourtant, elle ne possède plus les souvenirs qui donnent normalement du sens à cette relation.
Le roman explore alors une frontière passionnante entre mémoire et sentiments.
Sommes-nous amoureux parce que nous nous souvenons d’avoir aimé ? Les sentiments peuvent-ils survivre indépendamment des souvenirs ? Et surtout, sommes-nous obligés de poursuivre une histoire simplement parce qu’elle appartenait à notre ancienne vie ?
À travers Anaïs, Ana is Lost questionne ainsi le poids du passé dans nos choix amoureux.
Une romance lesbienne au cœur d’une reconstruction personnelle
Samantha Feitelson présente elle-même Ana is Lost comme une romance lesbienne.
Mais l’histoire sentimentale ne se résume pas à une simple rencontre amoureuse. Elle accompagne quelque chose de beaucoup plus profond : la redécouverte d’Anaïs par elle-même.
Car son accident lui impose presque une nouvelle naissance.
Elle doit réapprendre à écouter ses envies, son corps, ses attirances et ses intuitions sans pouvoir systématiquement les comparer avec ce qu’elle ressentait auparavant.
Cette dimension donne à la romance une résonance particulière. Les sentiments ne sont pas uniquement là pour faire battre le cœur du lecteur : ils deviennent également une manière pour Anaïs de comprendre qui elle est.
Des détails qui transforment progressivement le passé en énigme
Plus Anaïs cherche à comprendre les trois années disparues, plus certaines choses l’interpellent.
Des éléments de son ancienne vie semblent manquer. Certaines explications ne suffisent pas à dissiper son malaise. Puis une rencontre inattendue vient bouleverser davantage ses certitudes : un homme semble la connaître et l’appelle « Ana ».
Pour la jeune femme, qui tente désespérément de retrouver des traces de son existence passée, cette rencontre ouvre une brèche.
Qui était Ana ?
Pourquoi certaines personnes semblent-elles connaître une version d’elle dont elle ignore tout ?
Samantha Feitelson introduit ainsi progressivement une dimension de mystère qui donne envie d’avancer dans le roman. Comme son héroïne, le lecteur rassemble les indices et apprend à se méfier des apparences.
Retrouver ses souvenirs ou construire une nouvelle vie ?
Mais la véritable quête d’Ana is Lost est peut-être ailleurs.
Au début du roman, Anaïs veut retrouver ses souvenirs. Cela semble être la seule manière possible de redevenir elle-même.
Puis une autre question apparaît progressivement : pourquoi faudrait-il nécessairement redevenir celle que l’on était ?
La reconstruction passe alors par des choses extrêmement simples. Sortir seule, prendre une décision sans demander l’avis de son entourage, retrouver certaines envies ou apprendre à dire non deviennent de véritables étapes vers l’autonomie.
Samantha Feitelson raconte ainsi une émancipation à hauteur de femme, faite de doutes, de petits pas et de prises de conscience.
Une particularité originale : choisir sa manière de vivre la romance
Ana is Lost possède également une particularité assez rare dans une romance contemporaine.
Pour certains passages intimes, Samantha Feitelson propose deux possibilités de lecture. Les lecteurs souhaitant des scènes plus explicites peuvent choisir la version signalée par un piment, tandis que ceux qui préfèrent une approche plus douce peuvent sélectionner la version identifiée par un cœur.
Chacun peut donc adapter son expérience sans renoncer à l’histoire.
Une idée originale qui rejoint finalement l’un des thèmes majeurs du roman : le choix.
Ana is Lost, une romance sur l’amour, mais surtout sur la liberté d’être soi
Avec Ana is Lost, Samantha Feitelson mêle romance lesbienne, amnésie, secrets, reconstruction personnelle et quête d’identité.
Sous son intrigue sentimentale, le roman pose surtout une question universelle : sommes-nous uniquement la somme de nos souvenirs ?
Anaïs cherche d’abord désespérément la femme qu’elle était avant son accident. Mais peut-être que la véritable réponse ne se trouve pas entièrement dans son passé.
Car parfois, se retrouver ne consiste pas à récupérer celle que l’on était.
Cela consiste à découvrir celle que l’on souhaite désormais devenir.
Roman disponible chez Beta Publisher : www.betapublisher.com

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